
Collection Voix intérieures - Haïku
ISBN: 978-2-89597-073-6 84 p. — 10 $
17,8 x 12,7 cm
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La
lenteur au bout de l'aile de France
Cayouette
un héron s'envole la lenteur
au bout de l'aile
Par un choix conscient, la poète
France Cayouette se risque à dire moins que plus
dans ces courts poèmes et à s'en retirer sur la
pointe des pieds afin de laisser la liberté au lecteur
de les faire siens.
Le haïku m'apparaît aujourd'hui
comme un acte de résistance. Résistance à la rapidité
dévorante à cause de la lenteur qu'il exige de l'auteur
et du lecteur. Impossible en effet d'écrire un haïku
sans être calme, sinon les choses se dérobent et
nous ne les entendons plus chuchoter. Impossible
également d'apprécier un haïku dans la précipitation,
sinon il ne nous offre qu'une apparente banalité.
Son silence à la fois rond et ouvert, son non-dit,
son sillage ne se livrent qu'au lecteur détendu.
Résistance aussi au sensationnalisme, à l'artifice,
à la simultanéité étourdissante, au chaos. En ce
sens, à l'aube du XXIe siècle, ce qu'on
pourrait appeler la "simplicité" du haïku relève,
plus que jamais, d'un choix lucide et assumé.
France Cayouette
Dans la belle collection consacrée
au genre par les Éditions David, paraît ce charmant
premier recueil de France Cayouette marqué au double
sceau de la contemplation tendre du quotidien et
de la résistance obstinée à la rapidité qu'impose
notre époque. Dans l'un des derniers poèmes (...),
Cayouette écrit : « la fin déjà / le bruit intime
du livre / feuilleté à reculons », mais le lecteur
sait que le plaisir de cette lecture tient à ce
que ces vers soutiennent l'épreuve des lectures
successives sans épuiser leur intérêt.
« Le libraire craque », Le libraire,
juillet-août, 2007
Dans son premier recueil de
haïkus, la poète chevronnée France Cayouette invoque
les impulsions sublimes de ce genre japonais, sans
tout à fait suivre le code structurel du haïku.
La Lenteur au bout de l'aile suggère un rythme
quotidien, vécu tantôt avec le détachement typique
des haijin (poètes pratiquant l'art du haïku),
tantôt avec une perspective et un fil narratifs
qui relèvent des modes occidentaux. Cayouette évoque
le flou et le momentané de la forme traditionnelle,
puisant ses réflexions dans le monde naturel. Les
poèmes de Cayouette sont imprégnés de cette nature
vivante, débordant discrètement de possibilités
métaphoriques (.)
La Lenteur au bout de l'aile
nous offre un monde où mouettes et bistros existent
à parts égales, où tout moment mérite réflexion-un
monde dans lequel la poète plane lentement, humblement.
Katia Grubisic, Canadian literature
no 196, printemps 2008, p. 132-133.
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