
Collection Voix intérieures ISBN:
978-2-89597-112-2 92 p. — 17,95 $ 21,6 x 12,7
cm
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Terre
de faïence de Michel A. Thérien
Finaliste du prix du Gouverneur
général pour son recueil consacré au continent africain,
Du vertige et de l’espoir, Michel A. Thérien
embrasse ici, encore plus largement, le sujet de
la terre pour y clamer le triomphe de la terre
intérieure sur la terre de faïence.
le grand nord fond ses glaces
vers d’autres alchimies
nous sommes dans l’apesanteur
où le poids de la terre ne nous supporte plus
La Terre. Impossible de dire
son nom sans souffrir avec elle.
Pourrons-nous un jour lui inventer
des frontières moins meurtrières, loin des versants
de la violence ? Rendre aux rivières des eaux plus
limpides venues de sources si loin en soi ? L’aimer
jusqu’à la cicatrice ?
Terre de faïence respire
la ferveur de l’abandon et du désir, tient parole
en nous, de son premier souffle à son dernier mot.
Telle une obsession, l’expression
« terre de faïence » revient cinq fois dans le livre,
entre autres à la première et à la dernière page.
Le poète semble craindre que, friable, la planète
ne tombe soudainement en morceaux : « […] il creuse
son lit/dans la constante métamorphose/de la lumière
et de la beauté/et la peur qu’elles cessent d’exister
». […]
Une deuxième lecture du recueil
permet de se pencher sur le thème de l’amour, que
l’on retrouve surtout dans 11 poèmes, regroupés
en une section intitulée « Le poème viscéral ».
Des pages de haut vol, profondes et incandescentes,
dont chaque mot a son poids de dit, d’ellipse et
de non-dit […]
Enfin, la troisième lecture
possible s’intéresserait à l’importance, viscérale
elle aussi, que Michel A. Thérien attache à l’écriture.
Ainsi, le subversif mot revient 13 fois sous
sa plume […] Admirez la fulgurance de cet extrait
de « Filigrane » : « des mots écrits par effraction/arrachés
au corail fossilisé/de nos origines/mots au sexe
doux/sans embûche ni trajectoire/ni naufrage/mots
en amont des émeraudes/et des semences galactiques/mots
crachés par les chiens/derrière les grilles rouillées/de
la terre en exil ».
Claude Rochon, Liaison,
no146, hiver 2009-2010, p. 71.
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