Collection Voix intérieures
ISBN: 2-89597-038-6
102 p. — 15 $
15,2 x 21,6 cm
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Les enfarges du temps
de Chantal Motard

Au creux d'une défaillance du temps
enfargée suis tombée
si bon c'était
qu'il me peine
de penser
que le temps
si peu
se laisse aller

Cette voix originale, jeune, tendre, d'une pathétique simplicité, s'est éteinte le 19 mars 1983, laissant la communauté littéraire outaouaise dans une profonde tristesse que le temps, leitmotiv de ce recueil posthume, s'est chargé d'atténuer. Témoins du destin d'une femme aux prises avec la vie, l'amour et la mort, les poèmes de Chantal Motard, ici rassemblés, manifestent une étonnante invention verbale et une conscience aiguë de la dynamique des mots. L'écriture aura inexorablement exercé sa vengeance sur le temps.

Poésie des plus incarnées, Les enfarges du temps est la chronique [.] d'une mort annoncée : « avant que le fil des souvenirs / n'étrangle l'aube chétive / juste le temps de n'en faire / qu'à sa tête dévissée sur son soc de chair » (p. 70). [.]

Proust était à sa recherche, le chanteur Renaud l'a trouvé (Le temps est assassin et emporte avec lui le souvenir des enfants1), Chantal Motard, à travers ce recueil posthume, semble l'avoir rencontré.
1Renaud Séchan, Mistral gagnant, Virgin France, 1985.

Christian Bernier, Liaison, no 128, 2005, p. 51.


 

Originaire de Montréal, Chantal Motard est née le 6 août 1950, cinq ans, jour pour jour - comme elle aimait le répéter -, après que les Américains eurent détruit Hiroshima en larguant la première bombe atomique.

Étudiante au Collège français puis aux universités de Montréal et d'Ottawa, elle avait obtenu le baccalauréat, la maîtrise en littérature et s'orientait vers le doctorat.