
Collection Voix intérieures ISBN
: 978-2-89597-089-7 136 p. — 15,95 $ 21,6
x 12,7 cm
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Circatrices d'Éric Charlebois
FINALISTE PRIX LEDROIT 2009
Je suis né avec le vertige.
La chute vers l'inconnu. L'angoisse de vivre.
L'asthme du trop-plein. Je suis né sans savoir
comment faire ; c'est pourquoi « naître » est
un verbe d'état.
J'ai cessé de craindre la
mort puisque je ne peux comprendre la naissance.
Circatrices, c'est
la poésie de ceux qui veulent mal l'entendre. À
peu près et de loin. La déraison d'être, l'autre
autre, l'orgasme annihilateur du moindre
souffle, le désir d'indifférence, le je régénérateur,
le moi enclavé, le vous à fleur de
peau cisaillée, tous immunisent, comme des leucocytes,
contre la plaie de la distance, et contre la lésion
laissée par l'espoir pendant la vie qui meurt en
réaction acuponctuelle. Des récits d'amour et de
mort ; une nécromanie, ainsipide, en quête d'une
tendre fin. Le papier est tissu, au même titre que
la peau. Le moindre mot l'ébrèche, le déchire, le
stigmatise. Le papier coupe sous les ongles ; seul
l'espace cicatrise.
La poésie ne doit pas exprimer
les événements ; elle doit les créer et les circonscrire,
sans limites. Entre déjà et peut-être,
entre jamais et sans doute, entre
je et vous, il y a l'instant.
Dans ce recueil publié aux
Éditions David, où s'engouffrent 24 poèmes aux titres
hétéroclites, tels Parangoniomaitre, Esthétoscope,
Zeppelingles à linge ou encore Fenaître, Eric Charlebois
mêle à la fois strophes et prose pour, en général,
mieux jouer avec les contrastes de la vie et de
la mort, de l'ombre et de la lumière: «J'étais grotte;
tu m'as tout irrigué. /J'étaisjoallier (sic); je
ne t 'ai pas cisaillée ;/précieuse tu n'étais pas/pierre.
» Ou encore: «J'ai cessé de craindre la mort puisque/je
ne peux comprendre la naissance.»
André Magny, LeDroit, 15-16
mars 2008
«Je suis né avec le vertige.
/ La chute vers l'inconnu. / L'angoisse de vivre.
/ L'asthme du trop-plein. Je suis né sans savoir
comment faire / c'est pourquoi naître est un verbe
d'état.» Ce recueil de poésie qu'on peut percevoir,
en un sens, comme un parchemin zébré de cicatrices
intérieures, navigue entre le « je » et le « nous
», et est traversé par l'angoisse torturée, mais
aussi par l'envie de vivre pleinement malgré les
blessures. Circatrices est le cinquième titre
d'Éric Charlebois, considéré comme l'un des auteurs
phares de la relève en poésie franco-ontarienne,
et dont les trois recueils précédents ont été salués
par la critique.
Le libraire, avril-mai 2008
Et notre « jeune poète »,
de quoi parle-t-il ? Quelle est sa « voix » ? Celle-ci
crie une révolte langagière curieusement esthétisée,
liée à une condition humaine jugée plus qu'absurde...
Elle dévoile un « mal de vivre » perpétuel parfois
transfiguré par une écriture qui tente de tout s'approprier.
L'être humain n'apparaît que comme un simple « survivant
» abandonné de Dieu, du monde... À cet égard, notre
poète est presque méchant « Nous faisons partie
de la même / gangue. / Je crache cru / la vérité
dure et / drue ». Et on a aussi l'impression que
l'humanité détruit tout ce qui pourrait la faire
belle. malgré quelques inévitables moments de grâce
: tout cela en l'absence d'un « mystère de l'humain
» à découvrir. « Pourquoi chercher le mystère de
l'univers ? Pour se suicider plus tranquillement
? » Même que notre liberté serait trompeuse, une
bizarre invention... Nous sommes LÀ, sur terre,
sans vivre - figés, inertes, inanimés et délirants
de non-sens. Voilà !
Toujours est-il que ce « jeune
poète » est lucide ; il hérite de cette poésie à
connotation existentielle - dévoilant notre « inhumanité
», ce « Tout qui n'est pas vrai », comme l'a jadis
évoqué Adorno -, qui a coloré une période de notre
histoire littéraire.
Gilles Côté, Nuit blanche,
no 111, juillet/août/septembre 2008,
p. 30.
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Considéré comme un des chefs
de file de la relève en poésie franco-ontarienne,
Éric Charlebois a remporté, en 2003, le Prix
LeDroit ainsi que le tout premier Prix Trillium
dans la catégorie « Nouvelle poésie ». Ses trois
recueils suivants, Péristaltisme, Centrifuge
et Cinérite, ont été publiés respectivement
en 2004, 2005 et 2006 aux Éditions David. Centrifuge
a été couronné du Prix Trillium-Poésie 2006 et
fut finaliste au Prix LeDroit 2005, alors
que Cinérite a été finaliste au Prix du livre
d'Ottawa 2007.
Il demeure très actif dans le
milieu de l'instant poétisant, en offrant divers
ateliers en matière d'expiration poétique et de
réacsituation de communication. Il bourlingue à
travers l'Europe, en attendant que l'été de ses
congés désertiques assèche les moussons. La poésie
le fait un peu partout.
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