
Collection Voix savantes ISBN:
978-2-89597-079-8 258 p. — 32 $ 21,6 x 14
cm
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Culture
et littérature francophones de la Colombie-Britannique
: du rêve à la réalité
Espaces culturels
francophones II sous la direction de
Guy Poirier
Le premier tome des Espaces
culturels francophones (2004) invitait le lecteur
à découvrir la jeunesse d'une francophonie sur laquelle
on ne disposait finalement que de peu de connaissances.
Aujourd'hui, ce deuxième volume renferme des enquêtes
approfondies sur les composantes majeures de la
culture franco-colombienne. Si certains les croient
fragiles ou en perte de sens, ils devront se raviser.
La francophonie de la Colombie-Britannique ne ressemble
à aucune autre francophonie canadienne, il est vrai,
et sa richesse émerge des vagues successives de
voyageurs, de migrants et de réseaux culturels en
devenir qui ont peu à peu laissé leur marque, permettant
aux institutions culturelles de surgir, de se maintenir
et d'évoluer. Le lecteur sera le témoin privilégié
de ce passage du rêve à la réalité.
À mes yeux, la francophonie
en Colombie-Britannique se présente non pas comme
une nécessité mais comme un luxe, non pas comme
une cause mais comme un désir, non pas comme quelque
chose qui soit tragiquement en voie d'extinction,
mais comme une fleur qui ne meurt pas, un bijou
précieux au milieu d'un immense tableau très complexe.
Sans cette fleur, sans ce bijou, le tableau serait
moins riche... (Y. Chen, p. 236)
Selon le préfacier et directeur
du volume, Guy Poirier, ce deuxième volume traitant
des « espaces culturels francophones » de la Colombie-Britannique
offre au lecteur « de nouvelles sources vives du
passé et présent» qu'on pourrait insérer dans «
le panorama culturel de la francophonie du Pacifique
» esquissé dans le premier volume. «Journaux, récits
de voyage, articles de vulgarisation scientifique,
émissions de radio, romans, nouvelles» constituent
les objets- témoins auscultés par les essayistes,
qui livrent des aspects de la mémoire collective
tracée ici dans un «ordre chronologique » selon
les deux grandes tendances identifiées par Poirier,
soit celle du « voyage» et du «déplacement» pour
la première période, et celle de «l'enracinement»
et de la «construction» pour la période plus récente.
(.) laissons le dernier mot
à Ying Chen : « tout sentiment de sérénité constitue
une menace pour l'écrivain (...). Le sentiment de
l'intranquillité (...) est une source de peines
et aussi de stimulation. Lorsqu'on écrit en une
langue et qu'on lit en même temps la littérature
faite dans plusieurs autres langues, la langue d'écriture
n'est pas seulement une langue, mais elle devient
la langue qui porte toutes les langues ». Il suffit
de faire quelques substitutions ici pour apprécier
l'espace du français aux prises avec la diversité
ethnique, langagière et culturelle de la C.-B.,
fragile oui, mais valorisé et nécessaire, prenant
de plus en plus sa place, et passant effectivement
«du rêve à la réalité».
Paul Dubé, Liaison, été
2008, no 140.
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