Hors collection
ISBN: 2-89597-035-1
632 p. — 25 $
15,2 x 22,9 cm
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Art, argent, arrangement
Le mécénat d'État
de Robert Yergeau

Ce livre analyse la nébuleuse de l'art et de l'argent qui gravite autour du mécénat d'État, non en matière de budget, d'augmentation des crédits, de décroissance, d'inflation, de besoins financiers, de tableaux statistiques, de politique culturelle, mais de fonctionnariat, d'académies invisibles, de jugements de valeur et de «dévaleur», de goûts et de dégoûts esthétiques, de plaintes et de complaintes des écrivains.

Ce livre préfère la salle à «fournaise» (là où ça chauffe !) au salon où on discourt, mais trop souvent à vide, car on prend l'ombre pour la proie. Si nous faisons l'impasse sur les acteurs (fonctionnaires, écrivains, critiques, intellectuels, pairs, boursiers, candidats malheureux), sur le pouvoir symbolique des uns exploité ou subi par les autres et sur les stratégies énonciatives et les lieux d'inscription de leurs discours privés ou publics, nous nous condamnons à méconnaître certains enjeux consubstantiels au mécénat d'État, qui a mis peu à peu en place, au Canada, depuis le milieu du siècle dernier, une immense usine à jugements littéraires.

Prêts pour une visite de l'usine ? Vous y verrez Victor-Lévy Beaulieu, Claude Gauvreau, Gaston Miron, Yves Thériault et tutti quanti comme vous ne les avez peut-être jamais vus.

Un ouvrage colossal sur les rapports troubles entre les écrivains et le mécénat d'État. […] Un livre sévère mais nécessaire et courageux.

Louis Cornellier, Le Devoir, 9 octobre 2004, p. F1-F2.

Un essai percutant sur les rapports malaisés entre la littérature et le mécénat d'État.

Michel Gaulin, Lettres québécoises, no 119, automne 2005, p. 44.

L'essai de Robert Yergeau est un révélateur de société, de son rapport avec la culture et ceux qui produisent cette culture.

Richard Mairet, Liaison, no 126, printemps 2005, p. 49.

Le livre respire la liberté et le courage.

Laurent Laplante, Nuit blanche, no 98, printemps 2005, p. 44.

La parution de ce livre en 2004 a fait un certain bruit dans le milieu littéraire québécois, pris comme on le sait dans les mailles de la subvention étatique. On a beaucoup loué sous cape l'audace de l'auteur, qui acceptait, en éclairant crûment la scène d'un jeu auquel on aime mieux se prêter en coulisses, de s'exposer à de coûteuses rancunes. (...) Art, argent, arrangement pose en effet quelques questions capitales. Plus qu'à un étourdissant ballet d'intrigues et de palinodies, c'est à une radiographie du corps littéraire de l'élite littéraire que nous convie l'auteur. (...) L'argent mène à toutes les duplicités, à toutes les trahisons. (...) Les recherches de Yergeau ont le mérite d'en montrer toute la portée blafarde. (...) C'est dans ces trouvailles qu'[il] est à son meilleur. On aurait tort toutefois de se servir d'Art, argent, arrangement comme d'un catalogue de pièces à conviction. Car rappelons que ce n'est pas un tribunal, mais un théâtre. Il s'y joue la comédie cruelle d'artistes pour la plupart sans le sou, aux prises et avec l'urgence profonde de faire une œuvre, et avec une réalité politique anormale. Le spectacle est parfois touchant, souvent risible, toujours choquant. Que la vie de ces artistes soit aussi la nôtre y est sans doute pour beaucoup.

Carl Bergeron, L'Action nationale, octobre 2006


 

Robert Yergeau est professeur au Département des lettres françaises de l'Université d'Ottawa. Il a fondé les Éditions du Nordir, en 1988, qu'il dirige toujours. Il est l'auteur de recueils de poèmes et d'un essai sur les prix littéraires, À tout prix, paru en 1994.